La République Centrafricaine a franchi une étape majeure dans la gouvernance environnementale avec l’ouverture officielle de la première réunion du Comité de Pilotage du projet BIOFIN, couplée à un atelier de collecte d’informations pour l’Analyse des Politiques et Institutions en matière de biodiversité. Les travaux se tiennent du 13 au 14 janvier 2026 à l’hôtel Oubangui, sous l’égide du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) et du Ministère de l’Environnement et du Développement Durable.
Dans son propos de circonstance, le Représentant Résident Adjoint du PNUD, Mactar Fall, a salué l’engagement constant du Gouvernement centrafricain, particulièrement celui du Ministère de l’Environnement, dans la promotion de la biodiversité comme pilier du développement durable. Il a rappelé que la RCA dispose d’un patrimoine naturel exceptionnel reconnu au niveau international, constituant à la fois un levier stratégique pour le développement économique, un facteur de résilience pour les populations et un socle de stabilité écologique à long terme.
Toutefois, cette richesse naturelle est aujourd’hui confrontée à de multiples menaces, notamment la déforestation, l’exploitation non durable des ressources, les conflits, le changement climatique et la pauvreté. « L’un des défis majeurs demeure le sous-financement du secteur de la biodiversité, malgré son importance pour la sécurité alimentaire, la création d’emplois et la lutte contre la pauvreté », a souligné Mactar Fall.
C’est dans ce contexte que s’inscrit l’Initiative de Financement de la Biodiversité (BIOFIN), développée par le PNUD et mise en œuvre dans plus de 90 pays à travers le monde. Lancée officiellement en République Centrafricaine en septembre 2025, cette initiative vise à analyser les cadres politiques et institutionnels existants, évaluer les dépenses publiques consacrées à la biodiversité, identifier les besoins réels de financement et proposer des mécanismes innovants, durables et adaptés aux réalités nationales.
Selon le Représentant Résident Adjoint du PNUD, l’atelier en cours, consacré à l’Analyse des Politiques et Institutions, constitue une étape clé du processus. Cette analyse permettra d’identifier les forces, faiblesses, incohérences et lacunes du cadre institutionnel actuel, tout en renforçant la coordination intersectorielle. Il a également insisté sur l’importance d’une gouvernance inclusive impliquant les institutions publiques, le secteur privé, la société civile et les partenaires techniques et financiers.
Pour sa part, le Directeur de Cabinet du Ministère de l’Environnement et du Développement Durable, Célestin Dendji, a exprimé la reconnaissance du Gouvernement centrafricain envers le PNUD pour son appui technique et financier ayant permis le lancement effectif de BIOFIN le 30 septembre 2025. Il a rappelé que la RCA possède une biodiversité exceptionnelle composée de forêts, savanes, zones humides et cours d’eau, véritables piliers du développement économique et de la résilience climatique.
Cependant, cette biodiversité est menacée par la déforestation, le braconnage, l’exploitation minière non durable, l’agriculture extensive sur brûlis, l’instabilité sécuritaire et la pauvreté structurelle. À cela s’ajoute l’insuffisance des ressources financières dédiées à sa protection.
Face à ces défis, le Gouvernement a fait le choix stratégique d’intégrer la biodiversité au cœur des politiques publiques, conformément aux engagements internationaux, notamment le Cadre mondial de la biodiversité de Kunming-Montréal et les Objectifs de Développement Durable. « BIOFIN s’inscrit pleinement dans cette dynamique en visant à rationaliser et renforcer les mécanismes de financement de la biodiversité », a précisé Célestin Dendji.
La rencontre revêt une importance capitale à double titre. Elle marque d’abord la mise en place opérationnelle du Comité de Pilotage, instance stratégique chargée d’orienter et de superviser le projet. Ensuite, elle permet la consultation et la validation provisoire de l’Analyse des Politiques et Institutions, à travers un dialogue multisectoriel impliquant divers acteurs.
Le Directeur de Cabinet a insisté sur le caractère inclusif de l’exercice, rappelant que la biodiversité concerne non seulement le secteur de l’environnement, mais aussi l’économie, les finances, l’agriculture, les mines, l’énergie, l’urbanisme, le secteur privé, la société civile, les jeunes, les femmes ainsi que les communautés locales et peuples autochtones.
Appelant à des échanges francs et constructifs, il a souligné que l’objectif n’est pas seulement d’établir un diagnostic, mais surtout de poser les bases d’un changement structurel pour une meilleure mobilisation des ressources et un financement durable de la biodiversité.
BAO Melchisédech