La première session de formation en cascade consacrée à la décentralisation, à l’intention des conseillers et cadres municipaux de Bangui, Bimbo et Bégoua, a pris fin vendredi 4 septembre 2026 au Centre Bê-Africa. Organisée dans le cadre du renforcement des capacités des élus locaux, cette session constitue la première étape d’un programme qui doit progressivement s’étendre aux communes de l’intérieur du pays.
Cinq jours après son lancement, la session s’est achevée par la remise des certificats et attestations aux participants. La Représentante résidente du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) en RCA, Zahira Virani, a salué leur participation active, leur assiduité et leur sérieux, tout en réaffirmant l’engagement de son institution à accompagner le Gouvernement dans la mise en œuvre de la politique nationale de décentralisation et de développement territorial.
Pour ladite représentante, les connaissances acquises doivent désormais être traduites en actions concrètes. Elle a ainsi appelé les conseillers municipaux à mettre en pratique les outils et enseignements reçus afin de contribuer à l’opérationnalisation de la décentralisation et à l’amélioration des conditions de vie des populations.
Cette formation s’inscrit dans la stratégie de formation en cascade retenue par le ministère en charge de la Décentralisation. Les formateurs nationaux, issus notamment de l’atelier de Boali, seront déployés dans une première phase dans seize zones à l’intérieur du pays pour former plus de 800 conseillers municipaux. D’autres phases suivront afin de poursuivre le renforcement des capacités des élus locaux.
Prenant la parole à la clôture, le ministre de l’Administration du Territoire, de la Décentralisation et du Développement local, Bruno Yapandé, a félicité les participants pour leur implication et la qualité des échanges. Il a rappelé que cette initiative intervient dans le contexte de la mise en œuvre du processus de décentralisation engagé à la suite des élections locales de décembre 2025, qui ont conféré aux conseils municipaux des responsabilités importantes dans la gestion des affaires communales et la promotion du développement local.
Au cours des cinq jours de travaux, les participants ont été formés sur plusieurs thématiques liées à l’exercice de leur mandat, notamment le cadre juridique de la décentralisation, la planification locale, la mobilisation des ressources et la fiscalité locale, ainsi que la gestion budgétaire et financière des communes. Le montage des projets, la recherche de financement, le leadership, la communication, la gestion des conflits, la gouvernance locale, l’inclusion sociale et la participation citoyenne figuraient également parmi les sujets abordés.
Des notions relatives à l’état civil, à la protection civile et à la budgétisation sensible au genre leur ont aussi été présentées. Pour le ministre Bruno Yapandé, cette formation ne constitue pas une fin en soi. Les acquis doivent permettre aux élus d’améliorer la gestion des affaires communales et de répondre davantage aux besoins des populations. Dans cette perspective, les participants ont reçu plusieurs outils, dont le Guide pratique de la décentralisation, le Guide des relations entre les autorités déconcentrées et les autorités locales et le Manuel de procédures administratives et financières des collectivités territoriales. Le ministre les a invités à s’approprier ces documents et à en faire des instruments de travail réguliers.
Il a également insisté sur la nécessité d’une gouvernance locale fondée sur la responsabilité, la transparence, la redevabilité et la participation citoyenne. La mobilisation des ressources propres, la maîtrise des procédures financières, la planification des investissements et la recherche de financements devront, selon lui, constituer des priorités pour les conseils municipaux.
Bruno Yapandé a enfin appelé les élus à renforcer la collaboration avec les autorités déconcentrées de l’État, rappelant que la libre administration des collectivités territoriales ne signifie ni indépendance ni rupture avec l’État. Le dialogue et la concertation doivent permettre de régler les éventuelles divergences et de favoriser une mise en œuvre efficace des politiques publiques au niveau local.
La cérémonie de clôture marque ainsi le début d’une nouvelle étape. Après Bangui, Bimbo et Bégoua, le Gouvernement entend poursuivre le programme dans les communes de l’intérieur du pays, avec l’objectif de permettre à l’ensemble des conseillers municipaux de mieux maîtriser les principes, procédures et outils de la décentralisation, tout en tenant compte des réalités propres à chaque territoire.
BAO Melchisédech