Cour pénale spéciale : activités judiciaires, situation sécuritaire à Zémio et perspectives pour 2026

Le Parquet spécial près la Cour pénale spéciale (CPS) a livré une communication détaillée sur l’état d’avancement des procédures judiciaires en cours, les faits graves survenus dans la préfecture du Haut-Mbomou, ainsi que les perspectives judiciaires pour l’année 2026. C’était lors d’une conférence de presse tenue le mercredi 07 janvier 2026 dans les locaux de la CPS.Cette intervention s’inscrit dans un contexte national marqué par la poursuite de la justice transitionnelle et la lutte résolue contre l’impunité en République centrafricaine.

Le Parquet spécial informe l’opinion nationale et internationale que la Cour pénale spéciale est actuellement engagée dans son cinquième procès, illustrant ainsi la montée progressive en puissance de cette juridiction hybride, compétente pour juger les crimes les plus graves commis sur le territoire centrafricain depuis 2003.
Malgré des contraintes budgétaires persistantes, la CPS demeure déterminée à poursuivre sa mission.
A ce titre, le Parquet spécial annonce que, si les conditions financières le permettent, la Cour prévoit l’organisation d’au moins deux (2) nouveaux procès au cours de l’année 2026, tandis que plusieurs autres dossiers font toujours l’objet d’enquêtes approfondies en cours.
Cette dynamique judiciaire traduit la volonté ferme des institutions nationales de garantir justice aux victimes et de renforcer l’État de droit.

Le Parquet spécial est également revenu sur la situation particulièrement préoccupante dans la localité de Zémio, située dans la préfecture du Haut-Mbomou. Selon les informations actuellement disponibles, des éléments de la milice dite “Azandés”, sous le commandement présumé de Ahgnikpi Gbé, auraient mené des attaques ciblées dans cette zone.
Ces violences visaient principalement des autorités locales, des agents de l’État, ainsi que des militaires et gendarmes déployés pour la sécurisation de la région. Ces actes ont semé la peur au sein de la population civile et provoqué un important déplacement de populations, dont une partie s’est réfugiée au sein de l’Église catholique de la localité.

Parmi les faits les plus graves signalés figurent la prise en otage de Madame la Sous-préfète de Zémio, ainsi que d’autres agents de l’État, et l’exécution d’un agent de recensement, tué dans des circonstances particulièrement graves. Ces faits pourraient relever de violations graves du droit international humanitaire et des droits de l’homme.

Le Parquet spécial rappelle que la Cour pénale spéciale est compétente pour connaître des crimes de guerre, crimes contre l’humanité et autres crimes graves, notamment ceux commis contre des personnes civiles ou des représentants de l’État, lorsque ces actes relèvent du droit international pénal.

A cet effet, le Parquet spécial suit de très près les allégations de violations graves survenues à Zémio et dans ses environs. Des enquêtes sont actuellement en cours afin d’identifier les auteurs, établir les responsabilités individuelles et collectives, et ce, dans le strict respect de la loi et des droits de toutes les parties concernées.

Dans le cadre de la justice transitionnelle, le Parquet spécial s’est félicité de la signature d’un accord de collaboration entre la Cour pénale spéciale et la Commission Vérité, Justice, Réparation et Réconciliation (CVJRR).

Cet accord marque une avancée significative dans la consolidation du processus de justice transitionnelle en République centrafricaine. Il vise à renforcer la complémentarité entre les mécanismes judiciaires et non judiciaires, dans un objectif commun : lutter efficacement contre l’impunité des auteurs de crimes graves, garantir les droits des victimes et favoriser une paix durable.

Le Parquet spécial souligne que cette collaboration permettra une meilleure coordination des actions, tout en respectant les mandats respectifs de chaque institution et les principes fondamentaux de l’État de droit.

A travers cette communication, le Parquet spécial réaffirme son engagement constant à lutter contre l’impunité, à protéger les victimes et à contribuer à la réconciliation nationale. Il rappelle que nul n’est au-dessus de la loi, et que les crimes les plus graves, quelles que soient les circonstances ou l’identité de leurs auteurs, feront l’objet de poursuites lorsque les conditions juridiques seront réunies.

Enfin, le Parquet spécial appelle toutes les parties prenantes, nationales et internationales, à continuer de soutenir la Cour pénale spéciale, tant sur le plan financier que politique, afin de permettre à cette juridiction de remplir pleinement son mandat au service de la justice, de la vérité et de la paix en République centrafricaine.

Marius Rodrigue REGAME

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