La République centrafricaine a célébré, lundi 10 août 2026 à Bangui, la Journée africaine de la décentralisation, autour du thème : « Politique nationale de la Décentralisation et du Développement Territorial et défis de la viabilité financière des collectivités territoriales ». Une rencontre qui a permis au gouvernement et au Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) de réaffirmer leur volonté de faire des collectivités territoriales des acteurs majeurs du développement local.
La cérémonie, organisée avec l’appui du PNUD dans la salle de conférence de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS), a réuni notamment le ministre d’État chargé de la Communication et des Médias, Évariste Ngamana, représentant le Premier ministre Félix Moloua, le ministre de l’Administration du territoire, de la Décentralisation et du Développement local, Bruno Yapandé, ainsi que le représentant résident adjoint du PNUD en RCA, Mactar Fall.
Cette célébration intervient dans un contexte marqué par l’installation des exécutifs municipaux démocratiquement élus à l’issue des élections des 28 décembre 2025 et 26 avril 2026. Pour le PNUD, cette avancée ouvre une nouvelle phase de la décentralisation centrafricaine, désormais tournée vers l’exercice concret des responsabilités locales et l’amélioration des services au bénéfice des populations.
Dans son intervention, Mactar Fall a estimé que l’enjeu n’est plus seulement d’organiser la décentralisation, mais de la rendre « durable, efficace et au bénéfice des populations ». Il a identifié trois priorités : renforcer les institutions locales et la responsabilité des élus, améliorer la capacité des collectivités à mobiliser et gérer leurs ressources, et assurer une véritable territorialisation du développement.
La question financière apparaît ainsi comme l’un des principaux défis de cette réforme. Le PNUD préconise une meilleure mobilisation des recettes locales, mais aussi des mécanismes de transfert de l’État plus prévisibles et adaptés aux responsabilités confiées aux collectivités. L’objectif est de rapprocher les décisions, les ressources et l’action publique des citoyens.
À cette occasion, le PNUD a procédé à la remise officielle au gouvernement de trois outils opérationnels élaborés en partenariat avec le ministère en charge de la Décentralisation. Il s’agit du Guide pratique de la décentralisation, du Guide des relations entre les autorités administratives déconcentrées et les élus locaux, ainsi que du Manuel de procédures administratives et financières des collectivités territoriales. Ces documents doivent permettre de renforcer la compréhension du cadre juridique et institutionnel, d’améliorer les relations entre l’administration déconcentrée et les élus locaux et de promouvoir une gestion plus transparente et performante des collectivités.
Le PNUD prévoit également d’accompagner leur mise en œuvre à travers un programme de renforcement des capacités destiné aux exécutifs et conseils municipaux d’au moins 120 communes d’ici la fin de l’année 2026. Les formations s’appuieront également sur le Guide d’élaboration des plans de développement locaux élaboré par le ministère.
Prenant la parole au nom du gouvernement, le ministre d’État Évariste Ngamana a souligné que la décentralisation constitue pour la RCA bien plus qu’un rendez-vous institutionnel. Elle représente, selon lui, une nouvelle conception de l’action publique fondée sur la confiance accordée aux territoires et la responsabilisation des collectivités locales.
Il a présenté l’installation des premiers exécutifs municipaux élus comme une étape déterminante de l’histoire institutionnelle du pays. Cette évolution ouvre une nouvelle séquence de la réforme territoriale, marquée par l’exercice effectif des responsabilités locales, le rapprochement entre les institutions et les citoyens et la consolidation d’une gouvernance locale démocratique, performante et redevable.
À travers cette journée, les autorités centrafricaines et leurs partenaires affichent ainsi leur ambition de passer progressivement des textes à une décentralisation concrète, capable de renforcer les communes, d’améliorer la gouvernance locale et de faire du développement territorial un véritable moteur du progrès national.