
Le Ministère de l’Environnement et du Développement durable organise du 21 au 22 mai 2026, dans la salle de conférence de Galaxy International à Bangui, un atelier de consultation des acteurs impliqués dans la lutte contre les changements climatiques. Cette rencontre vise à réviser le Plan Stratégique et Opérationnel des Réponses aux Changements Climatiques (PSOCC), considéré comme un outil central de la politique climatique de la République centrafricaine.
La cérémonie d’ouverture a été présidée par le Chargé de mission au ministère de l’Environnement et du Développement durable, Martin N’djiki, qui a rappelé l’ampleur des conséquences du dérèglement climatique sur le pays. Dans son discours, il a souligné que les changements climatiques affectent fortement l’environnement, l’économie, la gouvernance ainsi que la stabilité sociale et sécuritaire de la République centrafricaine.
Selon lui, plusieurs secteurs stratégiques subissent déjà les effets de cette crise climatique. L’agriculture, principale activité économique pour une grande partie de la population, connaît une baisse des rendements liée aux perturbations des saisons culturales et à la vulnérabilité accrue des cultures face aux aléas climatiques. Une situation qui menace directement la sécurité alimentaire et accentue la précarité des ménages.
Le responsable a également évoqué les pressions croissantes sur les ressources en eau, les phénomènes d’inondation et d’assèchement des points d’eau, ainsi que la dégradation progressive des forêts, des terres productives et de la biodiversité sous l’effet conjugué des changements climatiques et des activités humaines.
Le secteur sanitaire n’est pas épargné. Martin N’djiki a indiqué que les changements climatiques favorisent la propagation des maladies hydriques et vectorielles, aggravant davantage les conditions de vie des populations vulnérables, notamment les femmes, les enfants et les habitants des zones enclavées.
Face à ces défis, le gouvernement centrafricain entend renforcer ses politiques d’adaptation et de résilience climatique avec l’appui de ses partenaires techniques et financiers. Cet atelier s’inscrit dans le cadre d’un projet soutenu par le Fonds Vert pour le Climat (FVC), à travers le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD). Le projet vise le renforcement des capacités de l’Autorité Nationale Désignée afin d’améliorer l’accès du pays aux financements climatiques internationaux.
Pour les autorités, la révision du PSOCC permettra de prendre en compte les nouvelles réalités climatiques, les priorités nationales de développement ainsi que les engagements internationaux de la République centrafricaine dans le cadre de l’Accord de Paris sur le climat. Le document actualisé devra aussi assurer une meilleure cohérence entre les stratégies sectorielles, les Contributions Déterminées au niveau National (CDN) et les Objectifs de Développement Durable (ODD).
Le Ministère de l’Environnement et du Développement durable espère que les échanges entre experts, représentants des départements sectoriels et partenaires aboutiront à des recommandations capables de renforcer la gouvernance climatique et la mobilisation des ressources nécessaires à la transition vers un développement résilient et sobre en carbone.
Ouvrant officiellement les travaux, Martin N’djiki a invité les participants à apporter leurs contributions et expertises afin d’améliorer le document stratégique. Il a également salué l’appui constant du PNUD dans les initiatives nationales de lutte contre les changements climatiques.
BAO Melchisédech