Les vérités d’Albert MBAYA qui interpellent encore la presse centrafricaine

Les vérités d’Albert MBAYA qui interpellent encore la presse centrafricaine
Les vérités d’Albert MBAYA qui interpellent encore la presse centrafricaine

À l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse, le président de Union des Journalistes Centrafricains a livré un discours empreint d’émotion et de vérité, en rendant un vibrant hommage à feu Albert MBAYA, figure marquante du journalisme centrafricain et mentor de plusieurs générations de professionnels des médias, dont l’actuel président de l’organisation.

Dans son intervention, ce dernier a rappelé certains propos marquants de son formateur, aujourd’hui disparu. Des paroles fortes, prononcées avec lucidité et douleur, qui continuent de résonner dans le paysage médiatique centrafricain :

« Les jeunes journalistes n’ont souvent d’autre choix que de faire les yeux doux aux politiques ou de devenir des hommes de Dieu pour pouvoir vivre décemment. »

Cette réflexion, à la fois crue et réaliste, traduit les profondes difficultés auxquelles sont confrontés de nombreux journalistes en République centrafricaine. Entre précarité financière, absence de protection sociale, faibles rémunérations et pressions politiques, plusieurs professionnels des médias peinent à exercer leur métier dans des conditions dignes et indépendantes.

Le président de l’Union a reconnu avoir mis du temps à mesurer toute la portée de ces paroles.

« J’ai mis du temps à comprendre toute la profondeur de ces propos. Aujourd’hui seulement, j’en saisis véritablement l’herméneutique, c’est-à-dire leur signification profonde », a-t-il confié avec émotion.

Dans un contexte où la liberté de la presse demeure fragile, les journalistes se retrouvent souvent pris entre leur devoir d’informer et les réalités économiques qui menacent leur indépendance. Certains, faute de moyens ou de soutien, finissent par céder aux influences politiques ou à diverses formes de compromission afin d’assurer leur survie.

Mais pour feu Albert MBAYA, cette dérive représentait une forme de renoncement moral et professionnel. Selon lui, le journaliste qui abandonne son indépendance perd progressivement sa crédibilité et la noblesse même de sa mission.

À travers cet hommage, le président de l’Union des journalistes centrafricains a également lancé un appel fort en faveur d’une réforme profonde du secteur des médias. Il a plaidé pour de meilleures conditions de travail, une véritable protection des journalistes, ainsi qu’une reconnaissance plus concrète du rôle essentiel de la presse dans la consolidation de la démocratie et de l’État de droit.

Au-delà de l’émotion suscitée par le souvenir d’un homme respecté et admiré, ce discours remet au centre du débat la question de l’avenir du journalisme en République centrafricaine. Un avenir qui dépendra de la capacité des autorités, des professionnels des médias et des partenaires du secteur à préserver une presse libre, responsable et véritablement indépendante.

La Rédaction

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