
Selon plusieurs témoins présents sur place, des centaines de manifestants ont tenté de se rapprocher du périmètre sécurisé du sommet en scandant des slogans hostiles à la présence française en Afrique. Parmi les cris entendus dans la foule : « Où sont IB, Goïta et Tiani ? », une référence directe au président burkinabè Ibrahim Traoré, au chef de la transition malienne Assimi Goïta et au dirigeant nigérien Abdourahamane Tiani, devenus pour certains des symboles d’un discours panafricaniste et souverainiste sur le continent.
Les forces de l’ordre kényanes sont rapidement intervenues pour disperser les protestataires. Gaz lacrymogènes, canons à eau et arrestations musclées auraient été utilisés afin de reprendre le contrôle de la situation. Plusieurs manifestants dénoncent une répression brutale, tandis que les autorités évoquent des troubles à l’ordre public ainsi que des risques sécuritaires liés à la tenue du sommet.
Cette mobilisation traduit une montée du sentiment anti-français dans plusieurs pays africains ces dernières années. De plus en plus de voix, notamment au sein de la jeunesse africaine, critiquent l’influence persistante de Paris dans les affaires politiques, économiques et militaires du continent. Les récents changements de régime au Mali, au Burkina Faso et au Niger ont fortement contribué à alimenter ce débat à travers l’Afrique.
Malgré ces tensions, les organisateurs du sommet Africa Forward ont maintenu le programme des travaux. Les discussions portent principalement sur les investissements, les infrastructures, l’innovation technologique ainsi que les nouveaux partenariats économiques entre l’Afrique et l’Europe.
Cette manifestation, bien que rapidement maîtrisée par les autorités kényanes, illustre une nouvelle fois le profond malaise qui traverse une partie de la jeunesse africaine vis-à-vis de l’influence occidentale sur le continent. À Nairobi comme dans plusieurs capitales africaines, les discours souverainistes gagnent du terrain et continuent d’alimenter le débat sur l’avenir des relations entre l’Afrique et ses partenaires historiques. Le sommet Africa Forward, censé promouvoir une coopération renouvelée, se retrouve ainsi confronté à une réalité politique et sociale de plus en plus difficile à ignorer.
La Rédaction